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IDAY Documents - Presse

DISCOURS DE Melle MARIEME DIOP
Parlement européen le 14 juin 2007.

Excellences Mesdames Messieurs les Ambassadeurs
Madame la Vice-Présidente du Parlement européen
Représentantes et Représentants du Monde
Chers Partenaires d’IDAY,

C’est avec un immense plaisir que je me retrouve parmi vous pour cette commémoration de la Journée Internationale de l’Enfance africaine en Europe. J’ai 18 ans et suis élève en classe terminale Scientifique au lycée à Dakar. Je suis boursière du « Forum for African Women Educationalists » (la FAWE), qui est membre du CNEPT, point focal d’IDAY au Sénégal.

Aujourd’hui j’ai la lourde mission d’être la porte parole de tous les enfants et jeunes Africains, et des filles en particulier. Je suis consciente du privilège que j’ai de pouvoir aller à l’école, d’être arrivée en terminale, ce que seuls 30% des jeunes filles atteignent et, en plus, d’avoir été choisie pour faire ce voyage organisé par IDAY.

Le continent africain est confronté à d’immenses défis : la pauvreté, l’analphabétisme, (la moitié des jeunes analphabètes dans le monde sont africains), la malnutrition, les maladies telles que le paludisme et le SIDA.

Et, comme l’a dit Victor Ordoñez au Forum de DAKAR en 2000 : « Sans éducation, les grands problèmes du monde tels l’environnement et le SIDA ne seront pas résolus ; la solution à long terme de tous les problèmes, c’est l’éducation ». Sept ans ont passés depuis le Forum mondial de Dakar dont l’objectif principal est l’accès à une éducation primaire de qualité pour tous et la parité entre filles et garçons d’ici 2015.

Malgré les efforts consentis par les Etats, les organisations non gouvernementales et les partenaires étrangers nous constatons qu’il reste encore beaucoup d’exclus de l’éducation : nombreux sont les non-scolarisés (ceux qui n’ont pas accès à l’école) et les déscolarisés (qui ont quitté l’école pour le travail, la rue ou celles qui sont mariées contre leur gré).

Nous devons reconnaître les progrès accomplis : en 15 ans on est passé de 49% à 60 % des enfants africains terminant leurs primaires et la tendance actuelle laisse supposée qu’il est probable que d’ici 2015, on puisse atteindre l’objectif de parité filles/garçons.

Mais les jeunes issus de familles pauvres ou vivant en zone rurale continuent à ne pas avoir accès à l’école même primaire. Il y a encore trop d’enfants esclaves, d’enfants domestiques, d’enfants de la rue, des enfants dits « sorciers » et la traite des enfants reste un fléau dans plusieurs pays. Il manque des livres scolaires, du matériel et aller à l’école reste pour eux trop cher ; Les filles sont contraintes à des tâches ménagères qui les empêchent de conclure les études en de bonnes conditions. L’éducation primaire est souvent de mauvaise qualité avec comme conséquence que les jeunes sortant de primaires n’ont pas d’avenir.

Je demande que tous les pays d’Afrique déclarent l’éducation obligatoire pour tous au moins en primaire et investissent l’argent nécessaire pour que tous les jeunes Africains reçoivent une éducation de qualité. Cela concerne leurs ressources propres et celles de l’aide étrangère qui devrait aller en priorité à l’éducation. Il faut aussi que les professeurs soient bien formés et convenablement payés pour qu’ils puissent nous donner un enseignement de qualité qui nous permette d’être au même niveau que les enfants qui habitent dans les pays riches.

Mesdames, Messieurs, je suis consciente que mon discours est incomplet et que l’avenir de l’Afrique est d’abord dans les mains des Africains. Je suis fière d’être Africaine car l’Afrique est un continent riche. Ses richesses ne sont pas seulement dans la terre : ses diamants, son or, son pétrole, son agriculture, ses beautés naturelles : elle est d’abord et avant tout dans sa jeunesse.

Bien sûr, nous avons besoin de votre aide, mais ce que je suis surtout venu vous demander au nom de la jeunesse africaine, c’est votre respect pour nos droits comme pour nos valeurs.

Marième Diop.


 

 

 

 

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